Article par thème

mercredi 9 septembre 2020

A fistful of katana

Konichiwa !

Le retour à la grande ville fut des plus durs. La vie dans la capitale n'est pas de tout repos et le temps se fait rare pour l'humble conteur que je suis. Mais entre donc voyageur, réchauffe-toi et n'écoute pas mes tracas. Laisse toi conter l'histoire du soir. Une histoire de lames et de déshonneur, de magie et de meurtres... De trahison et de surprises ! Voyage avec nous jusqu'au village de Chepu'hou et émerveille-toi de ces paysages exotiques.


Les ordres du Shogun étaient clairs... Maruyama Kaori devait retrouver sans tarder Ikayama Matuko, enlevée par de misérables ronins alors qu'elle devait devenir la nouvelle concubine du Shogun. On lui avait sélectionné pour escorte Bayushi Renji et ses hommes, de simples mais courageux Ashigarus équipés de teppos. Ce groupe du Bakufu formé en hâte n'avait pas perdu de temps pour quitter Kyoto et grâce aux pouvoirs de divination de Dame Maruyama avait tôt fait de retrouver la trace de la demoiselle en détresse. Poursuivant leur proie jusqu'à une étrange vallée, ils arrivèrent à un village tout de brume recouvert... Une pancarte indiquait "Chepu'hou". Les étages supérieurs du château semblent sortir de la brume, comme une résidence dont les fondations seraient les nuages. Ainsi, c'est ici que la volonté du Shogun s'accomplirait.



 

Le village semblait désert... On n'y trouvait que peu de végétaux et l'odeur âpre qui régnait n'avait rien pour rassurer les hommes. Les ashigarus du Bakufu se déployèrent calmement sur le périmètre, jetant des regards furtifs aux habitations qui semblaient absolument vides. Alors que la troupaille menait une étude du terrain minutieuse, les leaders du groupe se dirigèrent promptement vers l'enceinte du château dont ils ne pouvaient détacher le regard.

 

 

Alors que la brume se levait doucement et que les regards commençaient à percer plus loin, on aperçut une ombre furtive en direction des remparts. Le Bakufu n'était à priori pas seul à s'être rendu sur place car cela ne ressemblait pas aux manières des brigands...


 

Le premier être que la troupe croisa prit la forme d'un moine Komuso. Passée la surprise, un ashigaru l'aborda affablement, lui offrant même un koku pour lui délier la langue. Langue qui malheureusement avait déjà été amputée... Assez pour l'empêcher de pas parler, mais trop peu pour l'empêcher de jouer de son étrange flûte aux tonalités... particulières.Il indiqua toutefois le château du doigt lorsqu'on lui demanda s'il avait vu quelqu'un d'autre ici. C'est pour cela que Dame Maruyama se dirigea vers les remparts alors que Bayushi Renji se rapprochait de la porte principale.



Après avoir définitivement vu une ombre passer par dessus le rempart, la chef du Bakufu fit de même. Elle se retrouva face à Ikayama Matouo... La cousine de sa cible. Ainsi donc, les Ikayamas ne comptaient pas obéir aux ordres du Shogun et offrir la jeune Matuko en qualité de concubine. Après une très brève analyse, dame Maruyama fit quelques gestes mystérieux et un petit soleil apparut entre ses doigts. A mesure que le disque enflammé grossissait, la femme samouraï qui lui faisait face adapta sa posture et fit le vide en elle. La boule de feu fonça droit sur elle et l'atteint avant de disparaitre, soufflée comme une vulgaire bougie alors que la guerrière disparaissait.


Son officier attiré par la déflagration passait la porte au nez et à la barbe des gardes (cuvant encore probablement leur vin), ne vit qu'un bref rictus d'énervement sur le visage de sa supérieure. Cependant, l'ombre avait déjà disparu... Avait-elle fait demi-tour ou s'était elle infiltrée dans le château à la vitesse de l'éclair ?

 

 

Les ashigarus se rendant vite compte que les maisons étaient plus que vides à l’exception des squelettes encore à l'intérieur, reportèrent leur attention sur l'allée bordant l'imposante muraille. Y voyant d'autres ombres, moins rapides se diriger en fonction des remparts, les premiers coups de feu retentirent. A chaque fois qu'un adversaire escaladait la muraille, il se retrouvait percé par les épaisses billes propulsées par les teppos. Mortels, mais extrêmement longs avant de tirer à nouveau...




 

Pendant ce temps, l'ombre jaune progressait dans les étages, les seules indications de son passage étaient les cris : ceux des hommes chargeant, puis, ceux de ces même bandits, agonisant...


 

Les hommes du Bakufu se devaient de poursuivre l'éclair jaune, mais sa célérité rendait la tâche difficile. D'autant que Dame Maruyama eut le malheur de s'appuyer sur une statue à l'entrée du château, qui s'éveilla alors, prête à dévorer celle qui avait dérangé son sommeil. Pas le moins du monde effarouchée, elle ne s'arrêta même pas pour regarder la bête et continua vers les portes du château, afin de poursuivre sa mission. Le pauvre Renji fut laissé seul pour se débarrasser du démon de pierre. Bien que moins puissant que la créature, il finit par déceler après quelques échanges de coups que le temps avait tout de même fait son œuvre... par une pression précise de la pointe de son sabre dans l'entaille située sous le cou de l'animal minéral, il la vit voler en éclats.


 


La course folle continuait dans les étages, les tabis s'interrompant à peine pour faire chanter le sabre et rouler les têtes... La cavalcade de l'ombre jaune semblait inarrêtable. Refusant de se lancer dans une course poursuite futile, Dame Maruyama et son loyal lieutenant décidèrent d'attendre la bushi au rez-de-chaussée du château, seule porte d'entrée mais aussi... seule porte de sortie. 



Quand Ikayama Matuo atteint le sommet de la forteresse, deux adversaires l'attendaient déjà. Elle remarqua toutefois une jeune femme prostrée au fond. Était-ce sa cousine ? Avant de régler la question, il lui fallait déjà se débarrasser de deux hommes lui barrant la route. Aucune difficulté pour une épéiste de son talent et bientôt, les deux bandits agonisèrent dans leur sang... La jeune fille était libre, restait à la ramener en sécurité. Incapable de parler, elle suivit docilement sa bienfaitrice.


 

Pendant ce temps, le gros des forces du Bakufu, remplissait de poudre leurs canons et bien que les tirs se firent de moins en moins précis, les hommes d'Ikayama continuait de subir les foudres des armes occidentales. A tel point qu'ils renoncèrent à escalader le mur, tentant plutôt d'établir le contact avec le moine reposant en haut de la pagode. "N'as-tu rien oublié?" entendit le premier qui passait sous le Tori. Il se mit alors à embrasser les pieds de la statue du dieu singe en signe de soumission...


 

 

A la vue de l'ombre jaune honnie, et la future concubine la suivant toujours comme son ombre, Dame Maruyama décida d'incanter une nouvelle sphère incandescente plus mortelle que jamais, puisant dans ses dernières réserves de Chi. Cela n'eut bien sûr aucun effet sur la samouraï mais son corps dut fortement faire barrière pour bloquer le gros projectile visant sa cousine. Cela suffit cependant pour faire enrager la guerrière qui fonça seule contre ses deux adversaires à l'étage inférieur mais qui fut jetée au sol sous les assauts coordonnés du Bafuku.

 

 

Cependant, la samouraï enragée était une experte de toutes les formes de combat et être au sol ne lui semblait pas un handicap. Elle repoussa la sorcière avant de tendre la main vers une ombrelle qui attira son regard. Cette ombrelle n'était pas n'importe quelle ombrelle puisqu'ayant vécu plus d'un siècle, elle était désormais dotée d'une âme et vivait sa propre vie. Aidée par cette alliée improbable, elle put ainsi mettre à mort sans sommation l'officier du Bakufu sans autre forme de procès.

 

 

Avant que tout ne soit perdu, Dame Maruyama monta prestement à l'étage et se précipita sur la demoiselle au sol, lui écrasant violemment la tête dans la trappe, de son talon. La jeune femme inconsciente n'avait aucun espoir d'en réchapper et sa nuque fut brisée sur le coup. Les véritables ordres du Shogun étaient : "rapportez moi Ikayama Matuko ou éliminez-la en dernier recours. Si je ne peux la posséder, alors personne ne le pourra plus". Ce ne serait pas un triomphe à son retour à la capitale mais tout du moins, elle n'aurait pas à subir le courroux de son seigneur n’ayant pas laissé échapper la jeune femme. Son sombre méfait accompli, il ne lui restait plus qu'à s'enfuir. A bout d'énergie, elle ferma les yeux et se concentra pour sentir la force vitale de ses hommes un peu plus loin, à l'extérieur des remparts de la citadelle... Elle se concentra sur l'un d'eux en particulier et... absorba toute son énergie. Il tomba au sol dans un bruit sourd, une expression de surprise sur ses traits à peine formée. Son trépas avait été aussi rapide qu'indolore. Avec ce regain d'énergie, la sorcière pût alors s'approcher d'une fenêtre, visualiser un point au sol près de ses hommes et s'y transporter. Elle était sortie du château avec plus de facilité qu'elle n'y était entrée...

 

Les ronins gardant la porte finirent par être tirés de leur torpeur par la pluie quasi incessante des coups de feu... Découvrant les tuniques bleues amassées devant la porte, ils entamèrent leur charge et commencèrent à écraser les infortunés ashigarus sous leurs énormes masses. Le premier à tomber fut même tellement écrasé sous l'impact que le spectacle de son crâne volant en mille éclats fit instantanément fuir ses compagnons mais attira le mystérieux Komuso !

 

 

 

Refusant la mort de sa chère cousine, Ikayama Matouo, il tenta désespérément de la sauver, pleurant à chaudes larmes sur le corps inarticulé de la défunte... Il pria tous les kamais de la lui rendre et sentit l'énergie crépiter autour d'elle ! Quand elle releva les yeux, un halo de lumière l'empêcha de distinguer ce qui se trouvait désormais en face d'elle. Elle entendit néanmoins "Tu m'as laissé tomber !"

 


La samouraï en deuil ne dut sa survie qu'au sacrifice de l'ombrelle au coup de l'esprit vengeur et elle se dépêcha de redescendre au rez-de-chaussée. Cependant, le chef des bandits, qui jusque là prenait tranquillement le thé dans un pavillon excentré du château... était arrivé au château et ce qu'il y trouva ne lui plut pas. Pas du tout! S'il était privé de son Ilayama, il se contenterait d'en écraser une seconde...



Les ronins enragés écrasaient petit à petit la force du Bakufu, mais dame Maruyama ne pouvait laisser ses hommes périr ainsi. Plutôt que de prendre immédiatement la route pour Edo et d’alerter le shogun de la réussite partielle de sa mission, elle retourna en direction du château afin d'arrêter une bonne fois pour toutes ces mécréants.



Quelle folie était-ce là ? Bien qu'elle élimina sans peine l’assassin de ses hommes, elle fut surprise lorsqu'un liquide chaud coula le long de son dos. Ses poumons se vidèrent alors qu'elle voyait poindre à travers sa robe... une flûte. Traversant son corps si menu, l'instrument ôta la vie de la demoiselle...

 


Leur chef était morte... La surprise était totale et le goût des plus amers... Elle qui était revenue sur ses pas pour les sauver de la folie meurtrière des bandits en armure, avait payé de sa vie ce sauvetage. Décidant que le musicien muet ne pourrait de toute façon jamais justifier son acte, ils le mirent à mort sans sommation par pure vengeance. Il fallait que l'un d'entre eux parte prévenir le Shogun sans tarder, Dame Maruyama était morte, mais sa mission était accomplie...

 

 

 

Alors qu'une étrange femme habillée de loques sortait en courant d'une des maisons du village, un cri résonne "Ikayama vaincra !" suivi d'une détonation... et de la mort d'un autre des ashigaru. Un traitre ! Heureusement rapidement maîtrisé , la situation ne faisait qu'empirer, il était vraiment temps qu'un des leurs s'échappe.





La femme sortie de la maison est complètement perdue. Elle a encore des chaînes qui l'entravent et voit des hommes tout autour d'elle. Certains portent d'amples kimonos, d'autres des armures... Elle ne peut se fier à personne, plus maintenant. Elle se met à courir entre les maisons, espérant trouver un moyen de s'enfuir. Dans sa fuite désespérée elle laisse tomber quelque chose de brillant... Quelque chose qui n'échappe pas à l’œil du samouraï Ikayama portant un kimono bleu et qui se lance à sa poursuite. Un second samouraï prévoit de rattraper la prisonnière. L'objet qui brille même dans la poussière est un bijou appartenant à la jeune femme enlevée. "Voleuse" crie t'il. "Elle n'est qu'une vulgaire voleuse".

Le second samouraï à la poursuite de la fuyarde l'abat sans sommation quand il la rattrape en plongeant son sabre dans la chair de la jeune femme déstabilisée. Dans un dernier râle, la lumière de vie qui lui restait s'envole. Elle glisse le long de la lame et tombe au sol. Le samouraï ricanant de la mise à mort grossière qu'il vient de délivrer voit son rire stoppé net alors qu'il retourne le cadavre encore chaud pour y essayer son sabre. Ce visage, il le reconnaîtrait entre mille... C'est celui d'Ikayama Matuko... la femme qu'il avait juré de protéger, la cousine de sa sensei. L'homme se met à genoux, tire son wakisashi et se fait seppuku pour laver son honneur du mieux qu'il le peut... Sans personne pour lui trancher la tête pour abréger ses souffrances, il doit attendre dans la douleur que suffisamment de sang ne s'écoule de son ventre largement entaillé...

 

La famille Ikayama n'était pas la seule à utiliser des espions dans le camp ennemi... Le samouraï vêtu de bleu sourit avant de tourner les talons pour fuir à la suite des hommes du Bakufu. Les Ashigarus avaient beau être sûrs de la mort de la princesse, il lui en apporterait la preuve. Pas seulement de la mort d'une vulgaire Onryo, mais de la mort de la princesse par les membres de sa propre famille... Le shogun serait sans doute satisfait et lui, riche...

Voilà c'est la fin de l'histoire d'aujourd'hui. J'espère qu'elle vous aura plus et que l'équilibre entre faits de jeu et conte est bon. C'était une super partie de figurines à trois têtes avec Matou de Golem Miniatures (qui est d'ailleurs en pleine campagne pour ses muses, j'ai pris la petite sirène personnellement, je vous invite à aller voir !) et PF. Vous avez déjà du voir leurs noms ici, ce sont de très bons camarades de jeu ! PF faisait la pasteurisation de la partie (je reprends ses termes) et jouait donc après nous pour activer tous ses PNJ (ndlr : personnages non joueurs). C'est donc à lui que l'on doit le moine attendant son saké, l'animation des lions, la fuite de la vraie princesse et l'infâme meurtre de Dame Maruyama... Il a utilisé le système de a Fistful of Kung-fu pour nous faire jouer cette partie et nous a expliqué avant la partie en secret notre objectif et la présence d'un traitre. C'était également ses figurines et sa table, que vous aviez déjà aperçu lors d'une partie infinity relatée sur le blog.

Bref, on reprend doucement l'écriture d'article maintenant que je suis de nouveau en région parisienne, la peinture par la même occasion. Je vais essayer de continuer à vous tenir au courant du mieux que je peux si vous avez toujours le courage de venir lire mes "aventures ludiques".