mercredi 21 juillet 2021

Derniers coups de pinceau

 Hello,

 

J'essaie de peindre régulièrement. Même si je suis toujours aussi lent ça progresse mais je bricole pas mal alors c'est compliqué de vous monter tout ça en temps et en heure et surtout pour des articles intéressants. Voici donc quelques peintures réalisées récemment, il y en a d'autres mais comme elles font partie d'un projet plus global, j'attends d'avoir fini tous les détails pour vous faire un vrai bel article bien complet. (hellboy)

 

Aujourd'hui donc je vous propose deux chariots de chez Reaper Bones peints pour Frostgrave  (je dois aussi poster mon propre article pour le CDA Frostgrave). C'est du TRÈS rapide, brossages plus ou moins appuyés sur sous-couche noire Action. L'acrylique en tube avait vraiment trop de mal à accrocher alors je suis reparti sur de la peinture à figurine plus classique. Le rendu me va bien, c'est pas fantastique mais pour une seule soirée passée dessus, ça ira très bien !

 


 

J'ai ensuite peint  deux figurines pour Star Wars Légion, imprimés en 3D, un rodien de chez Squamous Miniatures et un droïde astromécano trouvé sur Thingiverse. Le droïde est parti d'une sous-couche noire sur laquelle j'ai juste surligné les arrêtes en gris, ajouté des parties rouges et d'autres argent, rien de bien sorcier mais ça fait le taff (merci l'optic que j'ai peint comme une gemme).
Le rodien est bien sympa lui, c'était une figurine gratuite offert par Squamous miniatures dans le cadre d'un concours de peinture (ça remplace le concours mensuel habituel dont vous avez désormais l'habitude). Je me suis pas mal éclaté à la peinture, notamment avec de la peinture caméléon sur le socle (imprimé aussi en 3D avec ses reliefs), mais c'est pas non plus un traitement des plus sensationnels. très content cependant du rendu de la peau : Wizard orb, lavis bleu, retour wizarb orb plus un vert cadavre style rotten flesh., pas plus compliqué que ça !

 



 


 C'est tout pour le moment, j'essaie de vous montrer les autres projets dès que j'ai pu faire des photos correctes.

Kenavo !

 

vendredi 16 juillet 2021

La bande de FanduJapon

Article de FanduJapon pour le CDA Frostgrave, regroupant textes, photos et titres !


Leader :

Anneaux :

Collège de magie : 

Bande actuelle : Mage, apprenti, homme d'armes
Repaire :


Textes d'ambiance

1 LE REVEIL 

« Nonnnnn !!... » Un cri déchirant de désespoir. Zarihell, les deux bras autour de sa taille, titube encore pendant quelques mètres puis s’effondre sur le bas-côté de la ruelle… Le silence est redevenu roi. Les derniers pas effectués par Zarihell lui ont permis de sortir de Feldstadt par la porte nord. Quelques pas synonymes de vie, car en effet qui pourrait survivre inconscient plus de 10 minutes dans la « cité glacée ». 
Le lendemain en milieu de matinée. Le réveil comme si de rien n’était dans un bon lit douillet, quel plaisir ! « Aurais-tu fait un mauvais rêve ma petite Zari? » se chuchote-t-elle à elle-même. « Vite allons voir le maître pour connaître le programme de la journée ». Mais au moment de se mettre debout la dure réalité reprend le dessus, la poitrine la brûle comme si on lui avait donné des milliards de coups de poing toute la nuit. La tête qui tourne comme si les organes internes voulaient tous s’enfuir de son corps. Zarihell retombe lourdement dans le lit. Tourne lentement la tête sur sa droite et c’est là qu’elle se rend compte que l’environnement dans lequel elle se trouve ne lui est pas familier. En effet elle se trouve dans une chambre assez bien aménagée avec une armoire dans le coin droit. Une petite table dans le coin gauche qui de toute évidence doit aussi servir de bureau avec juste devant une chaise où repose des affaires bien pliées qui ont l’air propres. Une petite fenêtre permet de laisser filtrer la lumière derrière les volets entrebâillés. Elle plisse les yeux et résiste de son mieux à l’envie de repartir dans les bras de morphée, tout est maintenant plus ou moins trouble dans son esprit. Elle prend sur elle pour essayer de faire un point de situation. « Zarihell. Mon nom, je me rappelle de mon nom !! Et je suis apprentie. Je ressens le lien avec mon maître il est extrêmement faible mais il est présent, ce n’était donc pas un rêve, malheureusement ». Sur ces dernières pensées, la porte de la chambre s’ouvre. Zarihell a juste le temps de voir une personne assez trapue entrer et elle retombe dans un sommeil réparateur. 

Quelque part dans le nord de la cité de Feldstadt: « Que s’est-il passé ? où suis-je ? je ne peux plus bouger. Quelqu’un parle à mes côtés. Il m’empoigne et il me met sur son dos. » Je perds conscience, une nouvelle fois.


2 ÉTAT DES LIEUX 

Après encore 2 jours à plus ou moins somnoler sans savoir où se trouve la limite entre réalité et rêve, Zarihell se réveille enfin. Les volets sont clos et une simple bougie est allumée sur la petite table. Elle décide donc de se lever, cela paraît bien mieux que sa dernière tentative, même si en s’appuyant sur son bras droit une douleur aiguë lui traverse l’épaule. Elle ouvre la porte de sa chambre et atterrit dans une pièce qui doit servir de séjour/cuisine et hall d’entrée, sur la droite une cheminée où dans une sorte de chaudron mijote le repas. L’air est empli d’une douce odeur de bonne nourriture et l’estomac de Zarihell ne tarde pas à se faire entendre. « Bonjour je suis Rurik, bienvenue à toi. Si tu le souhaites nous pouvons passer à table puisque tu es debout ? » Sur ces dires, un nain se lève de son fauteuil, qui le cachait jusqu’à maintenant. Rurik, tout en se déplaçant vers la cheminée, se lance dans un discours. Mais Zarihell ne l’écoute déjà plus. Elle finit de faire un tour d’horizon de la pièce. En face d’elle la porte d’entrée ou ce qui y ressemble. Juste à côté de la cheminée le fauteuil où se trouvait le nain. Il y a aussi une petite table où il a déposé sa pipe juste avant de se diriger vers le chaudron. Sur la gauche de la pièce se trouve une armoire contre le mur avec apparemment tout le nécessaire pour cuisiner et pour recevoir ses hôtes. Avec juste devant une table et des chaises. Au mur derrière elle juste à droite de la porte par laquelle elle vient d’entrer se trouve accrochés un bouclier et une hache. Plus à droite encore, une autre porte donnant sans doute accès à la chambre du nain. Des bribes de mémoire de ces derniers jours lui reviennent et c’est bien lui, le nain, qu’elle voit à son chevet et qui lui soulève délicatement la tête pour la nourrir.

Rurik, pendant qu’il installe le couvert, parle de tout et de rien : du temps, de l’endroit où ils se trouvent actuellement, la ville de Ramstadt une des « villes champignons » qui se sont formées en périphérie de la cité glacée. Il s’arrête, s’ensuit alors un long moment de silence où tous les deux mangent leur repas. Pour briser le silence installé entre eux et voyant que Zarihell ne décroche pas un mot. Rurik reprend la parole, il parle de lui-même et de sa présence ici. Chef d'un vieux clan de guerriers nains dans la ville de Zwergstadt à environ 4 h d’ici. Il s'est tourné vers l'exploitation minière, il est venu à Feldstadt suite à l'exploration des souterrains qui s'étendent sous la Cité des Glaces, avec au programme : pièges, réseaux de grottes, de nouveaux monstres… Et surtout la richesse à portée de main. Il a aussi enquêté sur l'ouverture d'une mystérieuse chambre souterraine… Malheureusement durant l’une de ses « promenades » dans les souterrains de la cité il a perdu le contact avec la surface pendant près de six mois. « L’exploration réserve parfois des surprises » comme il aime dire. De retour dans sa ville natale, il se retrouve trahi par son frère qui a pris le pouvoir durant son absence et surtout envoyé sa famille (femme et enfants) en exil. Le comble étant qu’elle n’a pas été envoyée n’importe où. Non, son Frère les a envoyés dans la cité glacée. Ces dernières paroles à la femme de Rurik furent, selon les témoins : « Puisque ton mari aime bien cette satanée citée glacée je t’envoie le rejoindre tu seras même escortée, preuve de ma gratitude envers mon frère… » Depuis ce temps il cherche maintenant à retrouver sa femme et ses enfants disparus dans Feldstadt. « Je vous ai trouvé là en bord de route lors de mon dernier retour de mission, vous savez que vous avez de la chance d’être toujours en vie. A part vos affaires il ne restait pas grand-chose auprès de vous hormis les divers projectiles figés que vous aviez dans l’épaule droite ».

Par réflexe elle porte la main à son épaule, revient à la réalité et se rend compte de son impair. « Pardonnez-moi de mon impolitesse, mais je ne me suis même pas présentée. Je suis Zarihell, une jeune apprentie, si vous le permettez je vous expliquerai les raisons de ma présence dans la région demain matin. Ce repas était très bon mais je pense que je dois encore prendre un peu de repos. »

Quelque part dans la cité de Feldstadt : « Mon corps ne répond plus, je ne perçois ni la présence de mes jambes ni celle de mes bras. Quelle drôle de sensation ! J’ai épuisé mes dernières forces pour rester en vie et surtout que mon apprentie puisse s’en sortir. Pourquoi je ne vois rien ? Je sens une présence dans mon esprit, quelques choses qui veut contrôler le mien, quelque chose de puissant, trop pour moi actuellement. » Je perds conscience une nouvelle fois. 


3 « HOUSTON, NOUS AVONS EU UN PROBLÈME » 

Le lendemain matin lorsque Zarihell apparaît dans la salle commune, Rurik est déjà attablé, une carte de Feldstadt est posée sur la table et il est en train de suivre un trajet en faisant glisser son doigt sur le papier. A son entrée il lève la tête et lui adresse un sourire. Elle lui sourit en retour et décidée lui dit : « Maintenant c’est à moi de vous expliquer pourquoi je suis ici ». Tous les deux s’installent confortablement et Rurik attend, ne voulant en aucun cas la brusquer par des questions. « Mon maître et moi étions venus dans la bourgade de Carlstad non loin d’ici. Nous y étions souvent appelés pour traduire des ouvrages en langue ancienne et/ou déchiffrer des textes. Mon maître était très réputé pour son professionnalisme et la qualité de son travail. La proximité de Feldstadt permet aux personnes comme nous de bien vivre leur vie, avec tous ces grimoires, parchemins, objets magiques divers découverts par les explorateurs. Son travail empêchait mon maitre de vraiment progresser dans son travail de cœur : celui de Mage. En effet la connaissance sans la pratique ne permet pas de se perfectionner rapidement et nous avions très peu de temps pour le travail pratique. J’avais accepté le fait qu’en tant qu’apprenti pour lui je progresserai lentement en magie mais j’aimais mon travail et c’était le principal. De retour dans notre auberge après une grosse journée de travail nous avons découvert sur le tableau d’affichage, commun à toutes les auberges du coin, que la recherche en main d’œuvre était très importante ici. Un mage du nom de Dévilson recherchait un autre mage pour décrypter des symboles trouvés lors de l’une de ses pérégrinations dans la citée gelée. Ce qui nous marqua le plus, mon maître et moi, c’est la somme offerte pour un tel travail, 3 fois supérieure aux tarifs standards. On demanda à l’aubergiste si la requête était toujours d’actualité, il nous confirma que oui.

Le lendemain on prit donc rendez-vous avec Dévilson et durant cet entretien, on comprit très vite pourquoi la somme offerte était si élevée. En effet le texte à décrypter n’était pas ici. Il se trouvait dans la cité gelée et le mage souhaitait donc que nous allions sur place pour décrypter le texte. Son groupe se constituait de 10 bons soldats de lui et son apprenti, il avait déjà fait le chemin 15 jours auparavant avec un autre mage mais celui-ci avait été incapable de décrypter les symboles. Il était donc tout heureux de tomber sur mon maître. Le trajet prendrait 15 minutes maximum en passant par la porte nord, tous les objets ou trésor trouvés sur notre route seraient partagés entre nous de façon équitable. Il ajouta : « Que pouvons-nous craindre avec 2 mages, 2 apprentis et 10 bons guerriers… » ». Zarihell s’arrêta. « ha ha ha !! que pouvions-nous craindre ? Rien assurément … » chuchota-t-elle, avec le recul, elle se rendait maintenant compte de la portée de cette simple phrase. « Pourquoi avons-nous accepté ? pourquoi..? Je me pose encore la question ». Elle fit une pause et but le verre d’eau que lui avait rempli Rurik durant la première partie de ses explications. Il attendit patiemment qu’elle termine sa pause. Encore une fois, il n’osa pas lui poser de questions. Comme l’avait indiqué Dévilson le chemin se passa sans encombres et nous fûmes sur les lieux -l'entrée cachée d’un grand édifice- une quinzaine de minutes après notre entrée dans Feldstadt. Arrivés là où se trouvaient les inscriptions, mon maître et moi nous miment à l’œuvre. Honnêtement et sans vouloir me vanter ce n’était pas dur mais cela nécessitait du temps et surtout de la minutie. L’inscription permettait apparemment d’ouvrir une grande porte circulaire qui, d’après nos première estimation donnait accès à des souterrains.

Au bout de 2 heures de travail, c’est là que les choses… Dérapèrent. En effet une dizaine de goules apparurent, nos guerriers se mirent en formation, mon maître demanda à Dévilson si celui-ci avait besoin d’aide et si nous devions arrêter nos travaux pour leur prêter main forte. Celui-ci éclata de rire et nous dit que 10 petites goules seraient un bon entraînement pour lui et son équipe. « Vous pouvez continuer sans craintes ». Nous continuâmes notre travail tout en jetant de temps en temps un coup d’œil au combat. L’Invocateur commença à lancer un sort d’invocation de diablotin. A ce moment mon maître me posa la main sur l’épaule et me regarda en fronçant les sourcils. « Que fait-il l’imbécile ? » Mais c’était déjà trop tard, l’invocation finalement lancé amenait un démon majeur. Une « antique gargouille » maître des diablotins apparût… Pour ça oui on était servi en diablotins… » Zarihell marqua un temps d’arrêt le regard dans le vide. Les images de cette scène toujours présentes dans son esprit. « Et à partir de là tout s’enchaîne à une vitesse hallucinante mon maître m’ordonne de prendre la fuite, je fronce les sourcils et lui fais non d’un signe de tête. Devilson perd complétement pied il a un large sourire, ses yeux grand ouverts, dans un accès de crise paranoïaque, le mage est convaincu que son apprenti veut le tuer. Le mage saisit l’épée qu’il porte à la ceinture et tue son apprenti sans sommation. Celui-ci resta un instant debout les bras ballants, la bouche et les yeux grands ouverts, exprimant ainsi son incompréhension totale. Les soldats gardèrent les rangs mais se faisaient maintenant déborder par les diablotins, leur maître et les 2 goules restantes. Dévilson se fit décapiter par le maître des diablotins. Mon maître compris très vite que ses sorts seraient impuissants face à une telle créature et se précipita sur l’épée de Dévilson tombée au sol. Un geste désespéré pour avoir au moins de quoi se défendre.

Il fonça aider les gardes tout en m’intimant l’ordre de fuir et de courir chercher des renforts. Je m’élançais à la suite de mon maître, celui-ci se tourna vers moi et cria : « Fuis !! » Stupéfaite, je ne réagis même pas quand il me lança un sort dessus. Je me retrouvais projetée en arrière par une force phénoménale, le souffle coupé comme si un énorme poing venait de me percuter. Tout le reste se fit machinalement J’avançais vers cette grande arche qui n’était autre que la porte nord. Je marchais sans avoir conscience de mon environnement. Je ressentis une forte douleur dans mon dos au niveau de l’épaule quand des traits osseux s’y plantèrent, avec les ricanements des diablotins en guise de signature. J’y portais ma main par réflexe puis la ramenais devant mes yeux, elle était maculée de sang. Mais plus rien n’avait d’importance. Comment une vie peut basculer en si peu de temps? Je marchais tel un automate ou plutôt comme un pantin désarticulé… La porte… » Une fois la porte passée, un dernier éclair de lucidité me permit de me rendre compte de ce qui venait de se passer. « Comment a t-on pu commettre une telle erreur de jugement et accepter de travailler avec un invocateur ? » Un cri sort de ma gorge. « Nonnnn !!... » Et puis plus rien ». Rurik acquiesce et il reste longtemps là, tous les deux à se regarder sans rien dire. Le reste de la journée fut plutôt agréable au contact de Rurik, ils firent des provisions, visitèrent plusieurs marchands. Et dinèrent tranquillement le soir. Juste avant de s’endormir, Zarihell chuchota : « Je ressens toujours le lien avec mon maître, il est extrêmement faible mais il est là, Maître ne perdez pas confiance, je viendrais vous chercher ».

Quelque part dans la cité de Feldstadt: "Je ne comprends toujours pas ce qu’il se passe, je suis conscient mais la seule chose qui me paraît fonctionner est ma conscience. Je ressens les choses. Pour le reste, rien. Je ne suis pas seul, c’est sûr. D’ailleurs si j’avais un doute c’est fini quand une voix dans ma tête dit : « Reste à ta place, n’essaye même pas !! ». Quelle puissance, quelle autorité… Il faut que je me concentre et que je comprenne. "

 

4 LE FANTASSIN 

La nuit a été excellente pour Zarihell. Le fait d’avoir libéré sa parole avec Rurik la veille lui a permis de retrouver une certaine quiétude. Zarihell se lève, se prépare et quitte sa chambre. « Bonjour Rurik comment vas-tu ce matin ? » Mais personne ne répond, la maisonnée paraît vide. Zarihell décide donc de faire comme chez elle et se prépare un petit déjeuner. Elle contemple encore une fois la pièce dans laquelle elle se trouve. Le bouclier et la hache sont là, donc apparemment Rurik n’est pas en mission. La maison est calme et paisible. Elle se rend compte alors de la chance qu’elle a eu de tomber sur une personne comme lui que ce serait-il passé autrement… Un frisson lui parcourt l’échine à cette idée. Des éclats de rire à l’extérieur interrompent sa pensée. Ayant reconnu la voix de Rurik, elle sort satisfaire sa curiosité pour savoir avec qui il discute. Celui-ci discute avec un homme vêtu d’un kimono, typé asiatique qui, la voyant tourne la tête et sourit. Rurik, ayant entendu la porte s’ouvrir, se détourne de son interlocuteur et s’adresse à elle : « Ah ! Bonjour Zarihell, viens si tu le permets je vais te présenter. Zarihell je te présente Rokaru. Rokaru voici Zarihell » L’homme s’incline en signe de salut. Zarihell lui sourit en retour ne sachant pas quoi faire et bredouille un « Bonjour ». « Rokaru est un ami à moi, nous nous étions croisés en ville mais on a réellement appris à se connaître lors d’une expédition où mon groupe et le sien se sont rencontrés. On a fait cause commune pour survivre à un groupe envahissant de squelette en armure… »
Sur ces mots Rokaru éclate de rire : « C’est vrai que c’est comme cela que l’on s’est rencontré, j’avais presque oublié depuis le temps. 
- Pour la petite histoire il travaille pour la ville, il fait partie des « Protecteurs de la Cité de Ramstadt » et m’offre ses services lors de mes expéditions dans la cité gelée. C’est un homme loyal et fiable. Il a été engager récemment par un riche collectionneur à qui on aurait volé une relique draconique. Il cherche à résoudre ce mystère et il venait donc voir si j’avais des infos à ce sujet. Malheureusement non »
Rokaru acquiesçe et remercie Rurik pour le temps qu’il lui a accordé. « Je vais vous quitter, bonne journée à vous et bienvenue dans notre paisible petite cité madame ». Sur ces derniers mots il se retourne et commençe à partir. « Ah au fait Rokaru ! » l’interpelle Rurik. « Il faudrait que tu me trouves dans tes connaissances un autre arbalétrier. En effet suite à la perte de Joreg lors de notre dernière mission je préfère prendre les devant pour que tu aies le temps de trouver quelqu’un de fiable parmi tes connaissances ». Rokaru acquiesçe et continue son chemin après avoir fait un dernier geste de salut de la main. Le reste de la journée fut calme est paisible. Rurik et Zarihell vaquant tous les deux à leur occupation. Lui, en nettoyant son bouclier et en affutant le tranchant de son épée. Elle, en faisant le point de ses affaires encore présentes et de ce qu’elles devraient racheter. Lors du diner du soir, chose surprenante, Zarihell entame la conversation : « Rurik, je voudrais te dire quelque chose qui te paraîtra peut-être surprenant mais je pense… », elle hésita « oui, je pense sérieusement que mon maître est encore vivant... 
- Ah ! » fut la réaction laconique de Rurik avec un haussement de sourcil.
« Oui je sens en moi que le lien qui unit le mage à son apprenti n’est pas rompu… Je souhaiterai donc monter une équipe de recherche, pourrais-tu m’y aider? Je ne te demande pas d’y participer mais juste de m’aider à recruter 2 ou 3 personnes » Rurik tapota la tape avec les 4 doigts de sa main : « Quitte à aller chercher ma famille autant joindre l’utile à l’agréable si l’on peut dire, je peux participer à ses recherches avec toi. Demain je me renseignerai pour constituer une petite troupe… de « secouristes » nous dirons ». Il regarda Zarihell avec un sourire en coin.  
 
Quelque part dans la cité de Feldstadt: « Aujourd’hui la sensation fût différente. En effet pour la première fois j’ai senti pendant quelques minutes que la puissance de mon « collègue » avait baissé ou plutôt s’était détournée de moi. J’ai ressenti sa peur, puis sa colère et enfin sa rage… Puis le calme, tout revient à la normale. « Tu ne me sers vraiment à rien… » dit il en s’adressant à moi. J’ai le goût du sang au bord des lèvres comme si j’étais plongé dans un bain de sang. Je le perçois qui coule le long de mon corps jusqu’au sol ». 
 

5 L’ARBALETRIER 

Ce jour-là, Zarihell et Rurik ne se croisèrent qu’en fin de matinée. « J’ai réfléchi cette nuit et je te confirme ma volonté de participer à la recherche de ton maître, il va donc falloir que l’on monte une petite équipe », dit Rurik. « Je vais demander à Rokaru s’il est de la partie et on verra pour le reste du groupe, je pense qu’il nous faudra au moins 6 ou 7 hommes en plus ». Il s’arrêta pour réfléchir. « Je devrais trouver cela assez facilement il nous faudra tout d’abord au moins 2… ». L’alarme de la cité de Ramstadt sonne tout à coup. Ni une ni deux Rurik saute sur ses pieds et fonce dans la pièce que Zarihell n’avait jamais vu.
De l’endroit où elle est, par la porte entrouverte, elle voit ce qui ressemble effectivement à une chambre. Rurik y récupère une armure légère et la ramène dans la salle de vie. Il commence à défaire les sangles en vitesse et à l’enfiler. « Que se passe-t-il Rurik ? » Tout en enfilant son armure Rurik répond : « L’alarme d’intrusion, cela arrive quelques fois quand des créatures quittent la cité gelée pour essayer de vivre ailleurs ou quand un mage peu scrupuleux revient avec à ses trousses des ennemis ». Il finit de sangler son armure et récupère au mur bouclier et hache. C’est la première fois que Zarihell voit Rurik en « guerrier ». Il est imposant malgré sa taille et paraît concentré et sérieux. Le Rurik insouciant, gai et léger a disparu. « Viens avec moi, allons voir ce qu’il se passe, je te préfère près de moi qu’ici barricadée. » Une fois dans la rue, tout parait structuré. Les femmes récupèrent leurs enfants pour les mettre à l’abri, les combattants quant à eux se dirigent vers un point précis d’où émane des bruits de combat. Cela ressemble à une marée de guerrier qui progresse… On voit que la cité est bien entraînée, ce n’est pas la panique générale.
Quand Rurik et Zarihell arrivent, ils découvrent un spectacle macabre d’une cinquantaine de zombie qui attaquent les villageois à leur portée ou qui sont au combat avec les premiers guerriers arrivés sur place. Rurik reconnait Rokaru dans la mêlée et se jette à son tour dans le combat, Zarihell à ses côtés. Les guerriers sont bien organisés mais le nombre de zombie est important et ils sont vraiment à la limite d’être dépassé. Sans compter les morts qui commencent à se relever pour rejoindre leurs nouveaux « camarades » zombies… Tout d’un coup, un trait file à proximité de Rurik et fait mouche en pleine tête d’un zombie, puis un second. Du coin de l’œil, Rurik repère l’origine de ces tirs salvateurs, un homme armé d’une arbalète sur un toit à l’ouest de sa position. Finalement l’organisation et les renforts en guerriers font la différence, Rurik retrouve Rokaru et le salue d’une tape amical dans le dos. « Bien joué, cela se voit que la ville est bien commandée, la défense est vraiment efficace contre ce genre d’incursions. Au fait tu connais cet homme? » D’un geste du menton Rurik lui indique l’homme armé d’une arbalète qui sort par l’entrée principale de « l’auberge du cœur tendre ». « Non pas plus que cela mais il y a des rumeurs sur lui. Ce serait un chasseur solitaire qui poursuit les aberrations à la frontière de Feldstadt, il n’est pas très causant et n’appartient à ma connaissance à aucune bande connue. » Une fois à côté de l’inconnu. Rurik le remercie pour son aide. « C’est la première fois que je vous vois ici et votre aide nous a vraiment était précieuse encore merci, à qui ai-je l’honneur ? Moi c’est Rurik
- Moi c’est Niary et pour répondre à votre question, oui je suis rarement en ville je ne me sers de Ramstadt que comme « camp de base ». Je suis très souvent par monts et par vaux ».
- Je suis à la recherche d’un homme comme vous pour une prochaine mission dans la cité gelée seriez-vous intéressé ? » Demande Rurik.
« Non désolé, Je ne fais pas confiance aux humains et c’est pour cela que je travaille seul 
- Cela tombe bien je suis nain. » dit Rurik en souriant. Zarihell pouffe derrière lui suite à sa remarque. L’arbalétrier ne peut s’empêcher de sourire et reprend aussitôt une consistance neutre. « Je travaille seul, les humains, nain compris… », il s’arrête et fait un sourire malicieux, « sont irresponsables, Feldstadt a déjà été détruite par leur arrogance et leur recherche de pouvoir. Une fois que l’on peut enfin fouler de nouveau ces terres, la seule chose à laquelle ils pensent c’est encore au gain de pouvoir, aux trésors, aux objets magiques quitte à réitérer les erreurs du passé. » Rurik regarde Zarihell, hausse les épaules et montre la paume de ses mains, montrant ainsi qu’il a essayé. « La seule chose que je peux vous dire c’est que la mission envisagée et une mission de secours. En effet, moi c’est pour retrouver ma famille : ma femme et mes enfants et pour Zarihell elle cherche à retrouver son maitre disparu lui aussi ». Niary regarde Rurik droit dans les yeux comme s’il cherchait à lire les pensées de celui-ci au plus profond de lui-même. « Je ne peux rien vous promettre mais je vais y réfléchir 
- Merci de l’attention portée à notre offre et le fait que vous y réfléchissiez est déjà bien, je vous tiendrai au courant dès que nous serons prêts. En tous les cas encore merci pour votre aide aujourd’hui car elle a été précieuse, au plaisir, bonne continuation 
- Je suis à l’auberge du « cœur tendre » laisser moi un message sur le tableau d’affichage quand vous serez prêt, mais attention je le répète je ne vous promets rien ». Puis Niary part.
« Comme quoi dès fois le destin peut être avec nous et nous permettre de faire de bonne rencontre au bon moment. Dans le pire des cas je pense que Rokaru nous auras trouvé un autre arbalétrier compétant ». dit Rurik en se retournant vers Zarihell. Mais celle-ci n’est plus là. Rurik fait vite fait un tour d’horizon pour la retrouver. Il finit par la voir agenouillée auprès d’un blessé et lui apportant des soins.

Les figurines 

1 L'apprenti



2 Homme d’arme RURIK 

Sa devise : "Les nains sont vraiment têtus ; abandonnez, vous ne passerez pas !"

 

3 Le maître des gargouilles et les diablotins






 

4 Fantassin Rokaru 

Sa devise : "Une lame. Trois mille ancêtres ; leurs esprits guideront mon épée vers la victoire."
 

 

5 Arbalétrier Niary 

Sa devise : "Un tir, une mort ! Attention, ce carreau d’arbalète porte votre nom."
 

 


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lundi 12 juillet 2021

CDA : la bande de Martial

Article de Martial pour le CDA Frostgrave, regroupant textes, photos et titres !

Leader :

Anneaux :

Collège de magie : Invocation

Bande actuelle : Mage, apprenti,

Repaire :

 

Textes d'ambiance 


Partie 1 : ÞJÓFUR



Il haletait. L’air glacial lui brûlait les poumons à chaque inspiration, lui laissant un goût cuivré dans la bouche. Sören avait perdu son chemin quand la brume avait commencé à masquer le soleil couchant, teintant les environs d’une lueur incendiaire. L’offrande qu’il avait dérobée aux tréfonds des ruines que lui avait indiquées la vieille fagotière continuait à tressauter dans sa besace à chacune de ses foulées. Il repensa à l’ancienne légende du Manchot qu’elle lui avait contée, un dieu honorable offrant une seconde chance pour les parias de son espèce. Il lui suffisait de rapporter l’étrange crâne de loup couvert de runes au cromlech dans la montagne pour obtenir ses faveurs. Il n'attacha pas d'importances aux dires de la folle jusqu'à ce qu'elle fasse mention des filigranes dorés couvrant l'objet. Il y avait peut-être moyen de se faire un petit pécule après tout. Le voyage fut aisé et l’endroit était désert. Le trésor attendait simplement sur un piédestal, à la portée de tous. Pourquoi personne ne s'était emparé de l'objet avant lui? Il l'ignorait mais lorsqu'il ôta l'artefact de son support, un hurlement canin à glacer le sang se répercuta dans les hauteurs dominant les lieux. Sören avait détalé en emportant son larcin il y avait plusieurs heures de cela. Il devait absolument se hâter de trouver un abri avant le crépuscule, après quoi les derniers rayons du jour iraient se blottir à l’ouest et il ne ferait guère le poids avec un vieux couteau émoussé pour seule défense contre un prédateur bien plus adapté que lui à la chasse nocturne.

Le craquement sec d’une branche résonna au loin dans le lourd silence hivernal, le ramenant sur terre. Le loup le talonnait, ça ne faisait plus aucun doute. Le sillon que Sören laissait dans l’épais manteau neigeux était bien trop évident à pister pour espérer semer l’animal. Seule comptait sa célérité désormais ! Sören puisa dans le peu d’énergie qui lui restait et força l’allure. Ses jambes protestèrent de douleur après la longue course qu’elles avaient subie mais il ignora tant bien que mal leurs supplications. Après quelques instants, l’odeur résineuse des grands cèdres bordant la forêt lui parvint, avant qu’il ne puisse enfin les apercevoir à travers le frimas. S’il atteignait la vallée, il pourrait trouver facilement un refuge où se barricader. Il contourna un bosquet de buis et aperçut une lueur étrange un peu plus loin. Il crut tout d’abord être enfin sorti des bois mais au fur et à mesure qu’il s’approchait, il distingua une clairière et quelques dolmens à travers la frondaison. En grimpant sur l'un d'eux, il serait hors de portée du prédateur. Celui-ci finirait par se lasser et Sören pourrait rentrer tranquillement au village profiter de sa rapine. Perdu dans ses pensées, il faillit ne pas remarquer l’entrelacs de ronces acérées lui barrant le passage vers son salut. Il freina des deux pieds en tournoyant des bras pour conserver son équilibre et évita la chute de justesse. Son cœur battant à tout rompre, il jeta fébrilement un œil à droite et à gauche afin de trouver un passage dans ce rempart de végétation mais en vain. Il lui faudrait un temps considérable pour défricher un chemin, une ressource qui lui manquait cruellement !

 


 

 Il entendit alors un grondement sourd, lui faisant faire volte-face. A la lisière du brouillard se dressait une grande forme humanoïde qui avançait avec la détermination d’un chasseur ayant acculé sa proie. Sören ne sut vraiment dire si c’était la fatigue ou sa vue qui lui jouait des tours mais la bête qui s’approchait semblait sortir tout droit des vieux récits que les mères racontent le soir au coin du feu aux enfants un peu trop curieux. La créature arborait les traits d’un loup à la différence qu'il se dressait sur ses pattes postérieures. Son corps à la stature imposante était couvert de vêtements légers, plus par pudeur que pour se protéger du froid mordant, son épais pelage grisâtre remplissant parfaitement ce rôle. Ses babines retroussées sur des crocs menaçants laissaient échapper des volutes de vapeur à chaque expiration. Ce qui finit de convaincre Sören sur ses intentions était cette rage primale dans son regard. Le jeune homme reprit ses esprits devant cette vision de cauchemar et porta la main vers sa tunique, ce qui déclencha chez son opposant une réaction immédiate. Ce dernier se laissa tomber à quatre pattes et cavala droit sur lui, couvrant en un éclair les quelques mètres les séparant avant de bondir. La fureur qui l'animait fut aussitôt remplacée par la surprise quand un grand pan d'étoffe vint lui obstruer sa vision ! Sören s’était jeté au sol après avoir lancé sa cape devant lui, tel un filet de pêcheur. Il sentit la créature le frôler, avant de plonger dans le mur d'épines. Elle émit des glapissements de douleur et se débattit férocement dans l’enchevêtrement de tissu, de poils et de ronces, resserrant de plus en plus l’étreinte de la végétation, s’arrachant de la fourrure à chacun de ses mouvements. Le voleur se redressa et remarqua que du sang perlait de sa main qui tenait encore fermement la broche de sa cape.


Ne perdant pas un instant, il se saisit de son sac tombé à terre et se lança dans le trou béant que l'homme-loup avait débroussaillé bien malgré lui, non sans le piétiner joyeusement au passage. La masse désarticulée couina de frustration avant de s'immobiliser, épuisée à lutter en vain dans sa camisole d'échardes. Sören émergea alors entre les mégalithes ceinturant un grand roc partiellement sculpté. Dans la pénombre grandissante, sa forme évoquait une gueule béante sortant de terre. Une stèle reposait dans le creux de la mâchoire inférieure tandis que la supérieure pointait vers les cieux, servant d'abri contre les intempéries pour quiconque se tenait à proximité de l'autel. Il prit un instant pour contempler la sérénité des lieux avant se diriger vers la table de pierre. Il put remarquer diverses runes gravées sur le soubassement qui n'étaient pas sans lui rappeler celle du crâne qui lui avait coûté une cape quasiment neuve. Ça n’était pas la sienne, mais tout de même ! Il vit aussi qu’une main de pierre avait été également taillé dans le même bloc que la dalle, paume en l'air et doigts légèrement recourbés, comme en attente d’une obole. Se pourrait-il que... ? Le jeune homme sortit son butin et l'examina sous toutes les coutures. De légères dépressions sur l'arrière de l'objet ne firent que confirmer ses soupçons. Il plaça avec précaution l'ossement dans la main de pierre, cette dernière épousant parfaitement chaque contour du crâne. Sören sursauta quand les doigts se resserrèrent brusquement sur l’objet. Il retint son souffle et recula d’un pas, prêt à déguerpir au moindre signe de danger. Quelques cliquetis d’un mécanisme invisible se firent entendre sous ses pieds, et un pan de roche pivota lourdement dans le fond de la vaste mâchoire, relevant une volée de marche. Une torche accrochée à l’entrée s’embrasa subitement, comme pour l’inviter à descendre.

Sören, pour la première fois de cette éprouvante journée, resta hésitant face à l’inconnu. Du seuil, il ne pouvait voir le fond tunnel, seul un courant d’air moite lui caressant le visage et les échos d’un ruissellement lointain laissaient supposer la présence d’une source chaude en contrebas. Il jeta un bref coup d’œil derrière lui pour se rassurer sur l’état de son adversaire, mais son estomac se noua. La trouée dans la haie de ronces n’était plus ! Comme si la végétation avait mystérieusement repris ses droits en l’espace de quelques minutes. La créature s’était également volatilisée, les seules traces de sa présence étaient les lambeaux épars de tissus et de fourrures accrochés aux épines. Pris de panique, Il ne chercha pas à savoir si elle s’était libérée de l’emprise des ronces. Il se saisit de la torche et dévala l’escalier sans se retourner. Il n’eut même pas conscience du raclement sourd qui résonna quand le passage se referma à sa suite tandis qu’il s’enfonçait de plus en plus dans les entrailles de la terre…

 

Partie 2 : FERÐ

L’esprit encore embrumé par le sommeil, Ptorl fut réveillé par une légère brise, ses longs cheveux noirs lui chatouillant le visage. Il s’était assoupi au pied d’un grand frêne, profitant de son ombre sous le zénith. Il se releva en époussetant ses vêtements et scruta intensément les environs. A perte de vue, les cultures de blé ondoyaient tel un voile mordoré recouvrant les collines. N'apercevant pas ce qu’il cherchait, il siffla vivement et cria :

« Átta ? Átta ? la sieste est terminée ! »

Une tête équine se redressa dans le champ non loin, comme flottant dans cette mer d’or liquide. Les yeux écarquillés jaugeaient son maître, se demandant si cela valait la peine qu’il se lève. Son lit de chaume improvisé était une perspective bien plus attirante que de battre la campagne sans but précis.

Voyant le peu d’entrain de sa monture à bien vouloir se remuer, Ptorl soupira puis fouilla dans une des sacoches à ses pieds. Il en sortit un fruit d’un rouge éclatant et le présenta bien en évidence.

« Tant pis pour toi paresseux, c’est fort dommage que je n’aie personne avec qui partager notre dernière POMME ! »

Les oreilles du cheval se dressèrent à la prononciation de ce mot. Il hennit et roula à terre avant de se remettre maladroitement sur ses sabots. Il cavala vers l’arbre comme si sa vie en dépendait. Ptorl ne se lassait pas de le contempler. C’était un destrier puissant et racé à la robe palomino, sa carrure imposante laissait supposer une existence dédiée aux labours mais il n’en était rien. Átta était taillé pour les longs trajets, une endurance et une force telles qu’il n’en avait jamais vues auparavant. Et c’était sans compter une intelligence remarquable pour un individu de son espèce. Il essaya de se souvenir comment il était devenu le propriétaire d’une monture aussi exceptionnelle mais ses pensées étaient nébuleuses. Peu importe, il le gâtait - à tort - comme son propre enfant.

Átta s’immobilisa devant l’homme, le regard fixé sur la juteuse friandise. Ptorl lui présenta la pomme et le cheval mordit dedans. Ses dents claquèrent dans le vide. L’étalon observa curieusement la main tendue et le fruit toujours présent. Il réitéra son essai, sa mâchoire se refermant de nouveau sur de l’air. Il observa la paume dont la pomme était absente cette fois ! Il releva les yeux et vit que son maître arborait un sourire espiègle. Ptorl éclata de rire, ce qui acheva de frustrer le cheval qui piaffait d’impatience. Il connaissait le caractère rancunier de sa bête et finit par montrer dans son autre main le fruit tant désiré. Átta dévisagea suspicieusement son tourmenteur, puis rapprocha avec précaution son museau, épiant le moindre mouvement. Au dernier instant, ce dernier mordit le poignet de Ptorl qui lâcha la pomme.

« Aouch ! Hey, on ne t’a jamais appris un dicton à propos de la main qui te nourrit ? » s’exclama-t-il en se frottant la manche.

L’étalon attrapa vivement le fruit qui roulait dans sa direction et n’en fit qu’une bouchée, l’air satisfait. Ptorl en profita pour ramasser sa sellerie et la jeter par-dessus l’échine d’Átta. Une fois que chaque sangle, ceinture et boucle trouva sa place, il mit le pied à l’étrier et se hissa d’un bond sur le siège.

Sans plus attendre, il dirigea sa monture vers le sentier sillonnant vers l’est et chevaucha tout l’après-midi, croisant de nombreuses fermes, les paysans continuant de vaquer à leur dur labeur sans se soucier de sa présence. L’air devenait de plus en plus lourd au fur et à mesure que le temps passait. Ce n’est qu’en fin de soirée qu’il arriva au sommet d’un escarpement dominant les contrées voisines.

Une angoisse inexplicable lui serra le cœur à la vue qui s’offrait à lui. En contrebas s’étendaient les anciennes terres bordant le royaume de Lorenthia, le paysage autrefois bucolique était à l’abandon. Des nuages menaçants tonnaient à l’horizon et la forêt avait repris ses droits sur les pâtures. Au beau milieu de ce panorama, une immense demeure partiellement en ruines était fichée sur une mesa rocheuse à moins d’une lieue, telle une carcasse rongée par la vermine. Depuis combien de temps avait-il fui cette prison ? Ses souvenirs lui échappaient, sa tête tournait à chaque fois qu’il faisait appel à sa mémoire. Átta sentit la tension de son cavalier et tira sur la bride, ce qui eut l’effet escompté.

Ptorl s’arracha à sa contemplation et tapota lentement le cou de son cheval.

« Shhh, tout doux ! Écoute mon beau, je sais que cela ne va pas te plaire, mais il va falloir faire encore un petit effort. Il faut qu’on atteigne un abri avant de se faire rattraper par l’orage. »

L’étalon hennit comme pour répondre à son maître et emprunta la route étroite qui descendait dans le vallon. Le Manoir d’Ünterwald les attendaient…

 

 

Membres de l’expédition 

figurine 1 : Anders, voleur

 




figurine 2 : Sören, voleur




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mercredi 7 juillet 2021

Rrraarrwhhgwwr (Wookie Star Wars Légion)

 

Hello,

Encore un peu de Star Wars Légion, encore pour un concours. Vous remarquerez que c'est assez calme ici mais entre l'organisation du CDA, le remaniement au club et les peintures pour divers projets "timés" c'est pas forcément évident de publier tout ça ici. Voici quand même la figurine du concours de Juin du groupe  Star Wars 3D printing and conversion. C'est donc un guerrier wookie, avec une énorme vibro-hache ! la lecture n'est pas super évidente et les proportions assez (trop?) grandes. Je l'ai toutefois imprimé et pendouillé pour être dans le concours. Vous noterez que j'ai appliqué un effet miroir pour l'inverser. 



 


 

 


 


 

 C'est tout pour aujourd'hui, à bientôt pour d'autres textes d'ambiance Frostgrave.

mardi 22 juin 2021

CDA Frostgrave : la bande à Bernie

 


 

 Article de Bernie pour le CDA Frostgrave, regroupant textes, photos et titres !

Leader : Scribe Jézequiel 

Anneaux : Scribe (mineur)

Collège de magie : Thaumaturgie

Bande actuelle : Mage, apprenti,

Repaire :

 

Textes d'ambiance

Texte d'ambiance partie 1: Les frères Lopez

Les frères Lopez sont des triplés et font parti de la communauté des « Gens de la route ». Ils se déplacent en roulottes tractées par des chevaux à la recherche d'un endroit pour s'établir l'espace d'un moment. Ils ne restent jamais bien longtemps au même endroit. La plupart du temps, ils sont mal accueillis par la population locale, en effet les « Gens de la route » ont mauvaise réputation. On dit souvent que si vous avez perdu quelque chose, il est plus que probable que vous le retrouviez dans une de leurs roulottes. Cependant, peu de personnes se risqueraient à aller leurs demander si, par le plus grand des hasards, ils auraient trouvé un objet de valeur, sous peine de se retrouver avec la gorge tranchée comme celle d'un porc le jour de la saint Antoine, « ha ha ha (rire) », mais ça c'est une autre histoire... Leur mère, Dolores, est morte en les mettant au monde un soir d'hiver froid et sans lune. Leur père « Pedro » est le frère de « Dolores » ce qui fait de « Pedro » le père et l'oncle des frères Lopez. Les trois frères ont développés une communication particulière en grandissant. Certains disent qu'ils sont complètement cons mais lorsque la lame de leurs couteaux luit dans l'obscurité, les mauvaises langues ont vite fait de retourner marmonner dans leurs barbes. Il y a une chose que les frères Lopez apprécient particulièrement, ce sont les pièces d'or. Pour peu que vous vous promeniez avec une bourse bien remplie, vous vous retrouveriez coincé dans une ruelle sombre avec trois lames de couteaux sous la gorge et dépouillé du bien que vous avez mal dissimulé. Maintenant vous savez.

 


 



Texte d'ambiance partie 2 : Jézequiel et Hagar

 
Hagar était un jeune berger qui gardait les brebis d'un riche propriétaire en pleine montagne pendant l'été. Les brebis se régalaient d'une herbe tendre et abondante, ce qui donnait à leur lait un goût très singulier et la réputation des fromages de ces brebis avait traversé plusieurs frontières. Un jour, une terrible tempête de neige s'abattit sur Hagar et ses brebis. Hagar ne pouvait rien voir à plus d'un mètre et se perdit dans la montagne, Il trouva refuge dans une petite grotte en espérant que la tempête se calme. « Que sont devenus mes brebis » se demandait-il ? Et que ferais-je si je ne les retrouve pas ?

La tempête ne se calma pas et les heures devinrent des jours. La mort rôdait, là, en dehors de cette grotte. Hagar n'avait rien à manger et la faim commençait à lui jouer des tours. Il sentit ses forces l'abandonner et avait accepté l'idée que la mort puisse l'emporter. Il y avait ce vent, brutal et entêtant qui s'engouffrait dans la grotte et le vacarme assourdissant qui l'accompagnait ressemblait au bruit du souffle de mille dragons. Une voix chuchotait : « Haaagaaar, j'ai besoin de toiaaa » , Hagar se retourna et ne vit rien. « Haaagaaar, j'ai besoin de toiaaa » , Hagar pensa que son esprit se fissurait. « Qui est tu? » demanda Hagar. « Jeee suis leee vennnt, j'ai besoin de toiaaa ... 
- Comment puis-je t'aider, je suis bloqué dans cette grotte avec cette tempête de neige dehors ? 
- Tu dois écrire mon nom sur un parchemin ou tu mourras » lui répondit le vent. « Mais, je ne sais pas comment tu t'appelles ! 
- Écris mon nom ou meurt ! » Hagar prit un morceau de parchemin qui se trouvait dans sa sacoche et une pointe de charbon -Hagar dessinait souvent lorsqu'il était dans les montagnes- « Je vais t'appeler Jézequiel comme mon grand-père».

Au moment ou Hagar finit d'écrire le nom sur le parchemin, le vent se mit à tournoyer de plus en plus vite autour de lui. Une lueur resplendissante éclairait la grotte, C'est alors qu'apparut « Jézequiel ». Jézequiel était un mage qui avait subi les effets d'un terrible sort. Le puissant envoûtement avait transformé le mage en un vent violent et froid et l'avait condamné à errer dans les montagnes pendant plus de mille ans, Le jeune berger venait de délivrer un puissant mage grâce à un bout de parchemin et une pointe de charbon, « Que sont devenus mes brebis ? » demanda Hagar. Le mage lui répondit : « Toi aussi tu as été prisonnier de la grotte pendant plus de mille ans, » Hagar était désemparé. « Il semblerait que tu te sois trouvé au mauvais endroit au mauvais moment mon jeune garçon. J'étais en train de combattre un terrible golem de glace quand il me transforma sous la forme du vent et c'est cette tempête qui t'as bloqué dans cette grotte. » dit alors Jezequiel. « Que vais-je devenir ? » s'inquiéta Hagar, « Tu seras mon apprenti, je t'apprendrais tous les sorts que je connais et nous parcourons le monde ensemble à la recherche de fabuleux trésors. Ce sera toujours mieux que gardien de brebis, non ? » Hagar était hagard.





Texte d'ambiance partie 3: Les yeux bleus d'Apolline

 
Jézequiel et Hagar arrivent dans un petit village. Ils s'arrêtent à la taverne afin de reprendre des forces. Jézequiel dit à Hagar qu'ils sont venus ici pour retrouver quelqu'un. « Ah oui, vous n'êtes pas au courant. Laissez moi vous raconter l'histoire d'Apolline, comme ça vous saurez. 
Apolline vivait à une demi journée de marche d'ici dans une petite ferme avec ses parents et ses deux sœurs, c'était il y à bien longtemps. La vie y était douce et tranquille. Apolline était une petite fille de la campagne. Elle savait poser des collets, connaissait les grosses pierres de la rivière derrières lesquels se cachent les grosses truites. Elle savait faire la différence entre un bon champignon et un mauvais. Son père lui avait tout appris ou presque... Tout le village la connaissait et l'appelait « la petite sauvageonne ». Le jour de ses huit ans, elle devait partir chercher des baies sauvages dans la forêt avec son père, mais, mais... quand ils ouvrirent la porte de la maison, une vingtaine de guerriers mort-vivants se tenaient devant eux. Les morts entrèrent de force dans la maison et l'un d'eux leva sa hache en direction du père d'Apolline et lui trancha la tête d'un coup net. La tête roula sur la plancher avec un air de stupéfaction. La mère d'Apolline se mit à crier. Deux des morts l'attrapèrent et lui tranchèrent la tête également. Ses deux sœurs furent éventrées devant ses yeux. Lorsque ce fût le tour d'Apolline, celle-ci pris un petit flutiau taillé dans un roseau et se mit à jouer. « Tu tu tu uu tu tuu... » Les morts ne supportèrent pas le bruit de cet instrument et s'enfuirent. Apolline se retrouva seule au milieu des cadavres. Les habitants du villages arrivèrent à la maison mais elle avait été dévastée par les flammes, il y avait deux corps d'adultes et deux corps d'enfants calcinés mais personne ne retrouva le corps d'Apolline.
 
Apolline s'était réfugié dans la forêt. Un jour, elle trouva une source d'eau pure autour de laquelle se trouvait une quantité extraordinaire de champignons. Cependant ces champignons étaient des « Reines sans couronnes » une sorte de bolet mais la différence, pour ceux qui savent, est qu'ils n'ont pas de corolle blanchâtre sur le dessus. La pauvre fillette s'en fit une pleine ventrée. L'inconvénient de ce champignon c'est qu'il ouvre les portes de la vérité. Apolline s'allongea dans l'herbe et fixa le ciel. Celui-ci s'entrouvrit comme on lève un rideau sur la nuit. C'est alors que sortit une main gigantesque avec des doigts tentaculaires qui vint saisir la fillette et l'emporta dans la brèche. On dit que la jeune fille fit le tour du monde des morts, des vivants et de bien d'autres encore. Apolline fit sont retour dans le village une dizaine d'années plus tard après les tragiques événements. Elle vint dans cette taverne et un marchand peu scrupuleux tenta une approche hasardeuse et posa sa main sur sa cuisse. Apolline sortit une dague de son dos et poignarda l'indélicat. Elle remonta sa dague comme pour l'ouvrir en deux puis plongea sa main dans la poitrine et en sortit le cœur. Elle fixait le marchand du regard pendant que celui-ci agonisait. Elle porta le cœur à sa bouche puis le croqua. Ses yeux était animés (et le sont toujours) par une lumière bleuâtre et vaporeuse. Personne n'osa bouger dans la taverne. « Euh, et vous êtes sur que c'est elle qu'on vient voir ? » dit Hagar, Jézequiel acquiesça d'un signe de tête et dit "Maintenant, vous savez !"
 

 

Texte d'ambiance partie 4: « Gnin »

 
Tandis que l'aubergiste apportait une écuelle de ragoût de lapin à Jézequiel et Hagar, un homme sortit de la cave. Cet homme était gigantesque, il devait mesurer au moins huit pieds de haut, son visage était difforme et effrayant. Il semblait avoir des soucis d'élocution. Il répétait sans cesse « Gnin ». L'aubergiste dit alors : « Ne vous inquiétez pas, ce grand gaillard n'est pas méchant, enfin… C'est mon fils, il s'est fait piétiner par des chevaux quand il avait trois ans. J'ai bien tenté de le noyer dans la rivière après ça mais que voulez vous, j'ai bon cœur. Depuis la triste disparition de sa mère, je dois dire qu'il m'aide bien à l'auberge. Son seul plaisir, c'est de couper du bois avec une grosse hache et les chevaux. Il adore les chevaux. Tous le monde par ici l'appelle Gnin. » Gnin s'approcha de la table et dit : « Gnin, câlin cheuwal » puis il sortit de l'auberge et rentra aussitôt avec un tonneau de cervoise sous chaque bras. Il passa de nouveau près de la table et dit « Gnin, câlin cheuwal.
- Oui, oui » répondit l'aubergiste « Descends les tonneaux et après nous irons voir les chevaux.
- Ah, ah, cheuwal » s'exclama Gnin. Il fit une dizaine d'aller-retours avec les tonneaux et lorsque sa tâche fût terminée « Gnin câlin cheuwal ». Chose promise, chose due. L'aubergiste proposa à Jézequiel et Hagar de les accompagner près de l'enclos ou se trouvait les chevaux.
Gnin passa le portail, s'approcha d'une des bêtes et fit ce qu'il avait dit. « Ouuuh, câlin cheuwal, câlin cheuwal. » Gnin avait l'air extrêmement heureux. Lorsque soudain, les frères Lopez arrivèrent d'on ne sais où et s'en prirent à l'aubergiste afin de lui dérober des chevaux. « T'a chouravé euh le bourin » dit l'un des frères. « La castagne » dit un autre en martelant son torse avec son poing. « Calmez-vous messieurs » demanda l'aubergiste. « T'a m'donner un bourin sinon la castagne » dit un Lopez. Gnin, qui jusque là était calme et serein, se mit à grommeler. « Gnin, la bagarre, cheuwal ». Les Lopez n'eurent pas le temps d'ouvrir la bouche que Gnin s'approcha d'eux et avec sa main large comme une pelle, gifla le premier qui s'évanouit aussitôt, mis un coup de tête au deuxième qui rejoignit le premier et attrapa le troisième par le cou, le souleva du sol et lui dit : « Gnin, la bagarre cheuwal » sur un ton querelleur. Les pieds du malheureux tentaient désespérément de rejoindre le sol et avec une main de « Gnin » autour du cou, difficile de parler. Gnin approcha sa prise d'un des chevaux et dit d'un ton affirmatif : « Câlin cheuwal » Le dernier Lopez du s'exécuter en faisant un câlin au cheval, « Ouuuh, câlin cheuwal. » Gnin avait l'air plus détendu.
Jézequiel et Hagar n'avaient pas eu le temps d'intervenir mais ils avaient compris que Gnin avait quelque chose de spécial. La pluie se mit à tomber ce qui réveilla les deux Lopez encore au sol. « Allons à la taverne, buvons une cervoise et oublions cet incident, c'est ma tournée » déclama l'aubergiste. Les Lopez ne se firent pas prier et se soutenaient mutuellement. Tout le monde pris place autour d'une table près de la cheminée et l'aubergiste demanda à Gnin d'amener un tonneau de la cave. La soirée fût longue. Chansons grivoises, plusieurs tonneaux furent vidés, il y eut même un client de l'auberge qui descendit de sa chambre pour voir qui pouvait faire autant de raffut et sortit de sa poche une petite bourse de cuir contenant un tabac vert pâle et en fit profiter l'assemblée. Une bonne petite soirée en somme... 
 




Texte d'ambiance partie 5: «Joshua, l'apothicaire» 

Les hommes craignent les créatures qui hantent la cité des glaces mais il existe un mal plus insidieux : l'obscurité... De toutes nos croyances, l'ignorance est la seule dont nous pouvons être certains. Quel est celui qui n'a jamais craint la nuit ? Une nuit si noire que le jour attend son tour et n'ose intervenir. La nuit révèle aux hommes leurs propres jugements et leurs propres châtiments. Un mage -aussi éclairé soit-il- ne peut ignorer les pouvoirs des élixirs. Certains de ces breuvages sont plus puissants et dévastateurs que le feu lui même. Une « bouteille de ténèbres » a été brisée sur la cité par un esprit malin. Les morts se déplacent dans les ruelles de la ville sous couvert d'un épais brouillard. Aussi silencieux que des ombres, ils se faufilent tels des serpents prêt à mordre quiconque passent à leurs portés. Vous devez apprendre à différencier un charlatan d'un apothicaire. Un charlatan vous vendra une potion de soin qui aura les mêmes effets qu'une infusion de sauge tandis qu'un apothicaire, lui, conscient de la noblesse de son art, passera sa vie à créer un chef-d’œuvre. C'est à dire « un élixir de vie ».

Par ces mots, Joshua venait d'interpeler la curiosité de Jézequiel. Ce dernier se mit en tête qu'un compagnon de route tel que ce voyageur pourrait être bien utile. « Nous avons perdu l'esprit cette nuit avec toute cette cervoise et cette bouffarde, mais dites-moi l'ami que vient faire un apothicaire par ici ?» demanda Jézequiel. « Je viens chercher des ingrédients afin de parfaire ma collection de potion. Je connais les potions mineures et leurs recettes est simple mais pour d'autres, la chose est disons ...moins aisée. Je vais me rendre dans la cité de Felstad sur les pas de mon maître afin de retrouver le parchemin d'Ebers. Ce parchemin est, pour ma corporation, considéré comme le premier écrit sacré, De plus, il offre à qui sait le lire, la recette de fabrication de « l'élixir de vie ». Mon maître a disparu dans la cité à la recherche de ce parchemin. Les plus éminents maîtres apothicaire pensent que le parchemin d'Ebers à été caché dans la cité et qu'il est protégé par une puissante magie afin qu'il ne tombe pas entre n'importe quelles mains. Certains mages ont choisis une voie corrompue et un tel savoir se transformerait en un élixir de mort. Chaque goutte de sang qui coule dans mes veines est dédiée à cette quête. Je n'aurais de repos que dans l'accomplissement de celle-ci ou dans la mort.
- Croyez vous vraiment qu'un tel parchemin existe ? » demanda Jézequiel. « Je ne crois pas, je sais !» répondit Joshua. «Mon apprenti et moi, nous vous accompagnerons dans la cité et nous partagerons nos trouvailles ». L'aubergiste qui, comme tout bon aubergiste, avait subtilement écouté toute la conversation dit alors : « La belle saison est bientôt terminée, il ne viendra plus de voyageurs par ici. Mon fils « Gnin » et moi nous vous accompagnerons également si vous le voulez. Je suis bon archer et mes talent de chasseur apporterons de précieux repas à notre expédition. Gnin regarda Jézequiel et, penchant la tête du côté droit dit : « Cheuwal », probablement sa façon d'approuver la décision de son père. Les frères Lopez qui marmonnaient entre eux depuis un moment s'approchèrent et l'un d'eux dit : « Nous ça y aller aussi mais t'a donné de l'or si t'en trouve ». 
- Marché conclu, nous partirons dans deux lunes » proclama Jézequiel.


Texte d'ambiance partie 6 : « L'auberge du papillon noir »

L'aubergiste avait demandé à Jézequiel de l'accompagner pour relever les collets. Cinq lièvres de trois livres avaient été trouvés. Ils s'enfoncèrent un peu plus dans la forêt jusqu'à se retrouver près d'une falaise. Le sentier qui longeait celle-ci les ramèneraient à l'auberge. C'est au détour d'un bosquet que trois guerriers squelettes apparurent. Jézequiel tenta d'invoquer un cercle de protection mais il échoua et la seule chose qui sortit de ses mains fût un énorme pet. L'aubergiste eut un léger rictus devant cette tentative lamentablement échouée et devant l'urgence de la situation sorti trois flèches de son carquois, encocha les trois flèches, banda son arc, tira et chacune des flèches atteignit sa cible en pleine tête. « Vous avez dit que vous étiez bon archer, mais là, il s'agit d'autre chose. Y a t-il quelque chose que je devrais savoir à votre sujet ? » demanda Jézequiel, inquiet. « Rentrons, laissez moi préparer ces lièvres et je vous expliquerais ». Une fois rentré, l'aubergiste alla chercher de la ficelle et pendit le premier lièvre à un clou puis sortit un petit couteau de sa poche. Il commença par retirer les yeux pour que le lièvre se vide de son sang puis retira la peau avec une habileté remarquable en enfin ouvrit le lièvre en deux pour en sortir les tripes. Il fit la même chose avec les quatre autres. Un fois terminé, l'aubergiste se dirigea vers Jézequiel.
« Je vous dois quelques explications. Je suis Rack, fils de Ragor et de Men'dellil » 
- Ragor, Ragor... Vous voulez dire que..? 
- Oui, c'est bien ça.
- Je comprends mieux. » dit alors Jézequiel. Ragor était le chef d'un clan tribal marié à une mage prénommée Men'dellil. Men'dellil avait de multiples pouvoirs et possédait une baguette de lumière. La légende dit que Men'dellil pouvait invoquer un papillon noir et que si celui-ci se posait sur un objet, l'artefact en question posséderait un enchantement magique. Rack prit un bout de parchemin puis commença à le plier dans tout les sens. Lorsque Rack fini son ouvrage, le parchemin ressemblait à un papillon. Rack pris une fiole d'encre puis en aspergea le parchemin. Rack prit le papillon en papier entre ses mains puis il souffla dessus. Lorsqu'il ouvrit les mains, le papillon s'envola. « Êtes-vous mage ? » demanda Jézequiel « Non, mais cette fiole d'encre est précieuse » répondit Rack. « Je comprends mieux le nom de votre auberge et le tatouage sur votre visage ».



Texte d'ambiance partie 7 : « L'élu » 

Jézequiel avait des facultés mentales au dessus de la moyenne. Il avait la capacité de réfléchir et, lors d'une de ses réflexions il se demanda : puisque Rack est le fils de Ragor et de Men 'dellil et que Gnin est le fils de Rack, ça voudrait donc dire que Gnin est un descendant direct de Men'dellil… « Par la sainte barbe de mes aïeux » s'écria Jézequiel. « Vous venez de comprendre » déclara une voix. Jézequiel se retourna, il n'y avait personne. « Y'a quelqu'un ? 
- Je suis Men'dellil, je me suis introduit dans votre tête.
- Euh, je n'apprécie guère que quelqu'un s'introduise en moi sans avoir au préalable donné mon accord, auriez-vous l'amabilité d'arrêter cette sorcellerie immédiatement !
- Je ne puis faire autrement, je suis une ombre. Mon aide vous sera précieuse durant votre périple. 
- Euh, éventuellement, mais vous pourriez prévenir, c'est curieux comme façon de faire ! 
- Allons, allons, ne vous montrez pas si farouche mon cher Jézequiel, allez voir Gnin, il vous en apprendra davantage. 
- Vous comptez rester dans mon esprit longtemps ?
- Aussi longtemps qu'il le faudra ! 
- Ah, bah ça alors, c'est le pompon. » Jézequiel se dirigea vers Gnin. En s'approchant, Jézequiel vit que Gnin avait l'air subjugué par quelque chose. Le papillon à qui Rack avait donné vie s'était posé sur l'épaule de Gnin. « N'est crainte, ce n'est qu'un papillon » dit alors Jézequiel à Gnin. « Payon » dit Gnin. « Non, pa-pi-llon.
- Ah, ah, payon.
- Non, paaa-piii-llon !
- Ah, ah, payon cheuwa. »
« Qu'est ce qu'il est con !» pensa Jézequiel. « Faites attention, je suis dans votre esprit et entends tout ce que vous pensez » lui dit Men'dellil. « Ah, bah oui, mais non là, je ne suis pas d'accord. » répondit Jézequiel. « Vous n'avez pas à être d'accord ou pas d'accord, vous devez l'accepter, point 
- A qui parlez-vous ? » demanda Hagar qui venait d'arriver. « Euh, non rien, il m'arrive de parler tout seul ». Pendant ce temps, Gnin avait saisi le papillon délicatement entre ses doigts. « Ouh, payon » « Câlin payon ». A chaque fois que Gnin, faisait un câlin au papillon, celui-ci se dédoublait. Gnin fût bientôt couvert de papillons. Ils se mirent tous à battre des ailes en même temps, ce qui souleva Gnin du sol. « Ahah ah, Gnin payon, Gnin payon ». Gnin survola l'enclos des chevaux ainsi que l'auberge. « Venez voir, venez voir » criait Hagar. Les frères Lopez, Joshua et Rack assistèrent à la scène. Les papillons déposèrent Gnin au sol. Tous les papillons disparurent sauf un qui se posa sur l'épaule de Gnin. « Gnin est l'élu » affirma Jézequiel.


Texte d'ambiance partie 8 : « Les bottes de vitesse »

Gnin, comme à son habitude, coupait du bois à la hache. Après deux bon stères et demi, il alla chercher une fourche afin de donner du foin aux chevaux. « Ouh, câlin cheuwal ». Rien ne pouvait le perturber, du moment que le bois était coupé et que les chevaux avaient à manger. Il déchargeait les tonneaux de cervoises lorsque le maître Brasseur vint pour livrer la commande de l'auberge. Son quotidien était réglé comme ça. Tous les habitants du comté connaissaient ce simple d'esprit mais ils le craignaient autant qu'ils l'appréciaient. Mais, « MAIS », ce jour là, il y eu un accroc dans l'emploi du temps de Gnin. Il glissa sur une planche de bois vermoulu et brisa ses socques. Ce qui le mis dans une rage folle. « Gnin, cassé les s'ussures, a cassé les s'ussures ». Il tournait en rond comme un loup qui eu la patte prise dans un piège. Il hurlait, il pleurait puis il hurlait. « A cassé les s'ussures ! » c'était le drame absolu.

Rack qui avait entendu les plaintes de Gnin se précipita vers lui, non sans une certaine appréhension. Rack savait que lorsque Gnin était dans cette état là, il était difficile de le calmer. On aurait dit qu'il avait bu une demi douzaine de potion de fureur. « Gnin, cassé les s'ussures » répétait-il sans cesse. Rack, tout en gardant une certaine distance, lui dit : « Ne t'inquiète pas Gnin, nous nous rendrons au village demain et nous t'achèterons une nouvelle paire de socques ». Sauf que, c'était maintenant qu'il fallait y aller et ça , Rack ne l'avait pas compris. Gnin, stoppa ses plaintes et se mit à grogner comme le chien du père Jansen lorsque l'on passe trop près de la clôture. Gnin plongea son regard dans celui de Rack et dit tout en bavant : « JE VEUX LES S'USSURES.
- Bien bien. » répondit Rack, le soleil est encore haut, nous avons le temps de descendre au village, l'échoppe sera encore ouverte. Ils prirent la charrette et y attelèrent « Orage » le cheval préféré de Gnin. Tous le long du chemin Gnin répétait « A cassé les s'ussures ». Rack avait mis du foin dans ses oreilles pour que le temps lui semble moins long. Lorsqu'ils arrivèrent au village, par chance, l'échoppe était belle et bien ouverte. Rack et Gnin entrèrent et demandèrent au marchand une paire de socques. Malheureusement, il n'en avait plus.

Gnin se mit à grogner :« JE VEUX LES S'USSURES ». Le marchand dit qu'il avait une paire de botte de vitesse à vendre mais Rack n'avait pas les trois cent couronnes d'or que le marchand réclamait, il n'en avait que cinquante... Gnin devenait de plus en plus tendu. La bave coulait de sa bouche et il marmonnait « Gnin, veux les s'ussures, Gnin a cassé les s'ussures, il faut les s'ussures ». Devant ce colosse possédé par on ne sait quelle force démoniaque, le marchand proposa à Rack de lui céder les bottes pour cinquante couronnes et trois chevaux. Après négociations, le marchand céda les bottes pour cinquante couronnes et un cheval. Gnin avait ses nouvelles chaussures et était extrêmement content. « Ouh, câlin les s'ussures ».
 
 
 

Texte d'ambiance partie 9 : « La gueuse » (version non censuré) 

Rack et Gnin remontèrent sur la charrette et Rack dit à Orage : « Allez hue Orage, montre nous ce que célérité veut dire. » Orage se cabra et, dans un hennissement tonitruant, leva la queue et évacua quelque crottin, « Ouh, ah fé kaka le cheuwal » pouffa Gnin. Rack sentit un frisson de désespoir parcourir son corps. La lassitude qui venait de l'envahir le poussa à se demander si la vie valait encore d'être vécue. Lorsque soudain, la charrette heurta une roche sur le chemin et la roue gauche se fissura. Pas moyen de réparer sur place et le soleil commençait à être bien bas. La route n'était pas sure, il valait mieux rentrer à pieds. Ils détachèrent Orage, laissant derrière eux la charrette. Gnin filait comme l'éclair avec ses nouvelles chaussures. Il faisait des aller-retour continus ce qui exaspérait encore plus Rack. « Vrooooooom, vrooooom, vroooom » criait Gnin.
Au détour d'un bosquet de buis et de ronces, ils entendirent des plaintes lointaines. Se dirigeant vers les bruits, ils s'aperçurent que quelqu'un menait un combat. Le bruit du métal frappant un autre métal est très facilement repérable. Ils coururent et aperçurent une jeune demoiselle aux prises avec cinq squelettes. Gnin qui ne se séparait jamais de sa hache se jeta dans la bataille et fit voler en éclat le crâne du premier d'un coup de hache. Rack abatit deux autres squelettes en un tir/deux flèches. La jeune demoiselle n'avait pas demandé son reste et frappa si fort un des squelettes que sa hache, par rebond, vint fendre le crâne du dernier. « Que faites vous ici , jeune demoiselle » demanda Rack. « Ce n'est pas une heure pour traîner sur la route » ajouta t'il. « Oh, merci mes amis, vous m'avez sauvé d'une mort certaine, que puis-je faire pour vous remercier ? Et toi, mon grand, que le manche de ta hache est long et comme il a l'air… duuur! 
- Gnin, les s'ussures ! » La demoiselle s'approcha de Gnin et lui posa la main sur la joue en signe de gentillesse. « Ouh, la fille, câlin la fille » Gnin saisit dans ses bras forts et musclés la jeune demoiselle et manqua de l'étouffer.
Rack attrapa une branche de buis puis fouetta Gnin en disant : « Lâche, lâche la dame tout de suite.  Excusez le madame, mais ce grand sicot ne connaît pas sa force et il est un peu faible d'esprit 
- Un peu, dites vous ?  Il est complètement pété oui ! Il m'a fait mal ce con ! 
- Gnin, les s'ussures ! 
- Et vous mon ami, vous… bandez... toujours votre arc avec autant de vivacité? 
- Ne restons pas là, il pourrait en venir d'autres. » déclara Rack. « Mais je n'ai nul part où aller, je suis une vagabonde.
- Comment vous appelez-vous ? » demanda Rack. « On m'appelle La Gueuse, parce que je suis une bonne suc..., euh non, une vagabonde ». Rack aperçut l'état de la dentition de la gueuse tandis qu'elle parlait. Une bonne moitié de ses dents avait disparu et l'autre moitié aurait eu du mal à mâcher une mûre. Il se dégageait une odeur puissante et acre de poisson en état de putréfaction avancée de sa bouche. « Rentrons à l'auberge, nous y serons plus en sécurité.
- Je suis épuisée. » dit la gueuse. Rack montra une chambre à la demoiselle et tandis qu'elle montait l'escalier, elle tourna la tête vers l'assemblé et dit : « Hey, what did you expect ? »
 

 
 
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